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Projet

La crise environnementale planétaire montre que les sociétés humaines ne sont pas extérieures à l’environnement, bien qu’elles y occupent une place particulière. La complexité des processus qui relient les systèmes humains et les écosystèmes naturels est l’enjeu de connaissances de la notion d’Anthropocène, qui, tout en signalant l’entrée dans une ère critique de rupture systémique, souligne que les systèmes sociaux n’ont jamais été autonomes. Le projet TASAB étudie une dynamique d’interactions société/ environnement, en prenant l’exemple du semi-aride du Nordeste brésilien, un vaste espace, à l’anthropisation ancienne, où les changements démographiques et l’urbanisation des dernières décennies ont transformé les dynamiques sociales et territoriales.

 

La crise globale est une crise des systèmes sociaux et environnementaux. Étudier ses mécanismes pour engager la transition écologique nécessite de construire un cadre de recherche interdisciplinaire. Il importe aussi d’intégrer différentes échelles de temps et d’espace pour comprendre la dynamique du milieu, à la fois en fonction des évolutions des relations mutuelles société – environnement, et en définissant un cadre de référence pré-anthropique à même d’identifier la part anthropique de la crise globale.

Pour articuler disciplines et échelles de temps, nous optons pour l’observation des sols, interfaces climat-végétation, qui jouent un rôle central dans les cycles biogéochimiques (carbone notamment), tout en étant au cœur des activités humaines essentielles. Enfin, construire l’analyse à partir d’une approche territoriale, permet à la fois de relier les échelles régionale et locale dans l’étude, et de traiter la crise globale, non pas suivant une approche économique sectorielle ou en fonction d’aléas précis, mais en l’inscrivant dans la dynamique globale de l’organisation sociale. Nous associons cette dynamique globale à la transition démographique et ses nombreux effets géographiques (redistribution de la population, urbanisation) et sociodémographiques (individuels et collectifs).

Nous situons ainsi la crise globale dans la combinaison de deux nexus, qui sont biodiversité/climat/ressources et société/alimentation/ressources, tout en traçant un continuum entre pratiques individuelles, organisations sociale et territoriale, et interactions sociétés-milieu. Approche dont nous espérons qu’elle conduira à définir des seuils de rupture socio-environnementaux qui seront utiles à la transition écologique.

Notre étude se situe dans la région semi-aride du Brésil, vaste région densément peuplée où les tensions socio-environnementales sont exacerbées par les structures sociales inégalitaires, la forte croissance démographique et le changement climatique.

a) Le semi-aride brésilien (et le Nordeste). Indice de développement humain municipal (2010) et population (2017), selon l’IBGE-UNPD.

b) Indice de vulnérabilité à la dégradation/désertification dans le Nordeste.

HabitatRural.png

c) Habitat rural du semi-aride - 2021, © L. Siame

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